Jamil
L'enfant aboli

 
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Mariages


Tu croyais que les fourgons mortuaires

Que nous rencontrions sur la route de l'hôpital

Étaient des cortèges de mariage

À cause des couronnes et des gerbes de fleurs sans doute.

Et Dieu sait s'il y en avait sur ta route

De ces « cortèges de mariages » !

Mais pour nous, chacun d'eux constituait

Le funeste présage

D'une fin proche et inéluctable.

Il nous fallait à chaque fois détourner la tête,

Serrer les dents,

Et reconnaître avec toi,

D'une voix mal assurée,

Que les gens se mariaient beaucoup

À Paris.

Et ces fleurs, qui symbolisaient pour toi

La fête et la joie,

Se trouvent aujourd'hui

Sur ta tombe

Pour célébrer ton mariage

Oh combien précoce !

Avec la mort.