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| Jamil L'enfant aboli |
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Tu croyais que les fourgons mortuaires Que nous rencontrions sur la route de l'hôpital Étaient des cortèges de mariage À cause des couronnes et des gerbes de fleurs sans doute. Et Dieu sait s'il y en avait sur ta route De ces « cortèges de mariages » ! Mais pour nous, chacun d'eux constituait Le funeste présage D'une fin proche et inéluctable. Il nous fallait à chaque fois détourner la tête, Serrer les dents, Et reconnaître avec toi, D'une voix mal assurée, Que les gens se mariaient beaucoup À Paris. Et ces fleurs, qui symbolisaient pour toi La fête et la joie, Se trouvent aujourd'hui Sur ta tombe Pour célébrer ton mariage Oh combien précoce ! Avec la mort. |
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